L’explosion du poker en ligne et l’annonce prochaine de la libéralisation des jeux en ligne nous amènent à nous interroger sur l’état des lieux de cet univers atypique. Une manne financière importante pour les opérateurs en ligne quand on sait que le seul marché Européen est estimé à plus de 70 milliards de dollars. Un constat qui nous amène à nous poser quelques questions : qu’en est il réellement du marché ? Comment est-il structuré ? D’ou agissent ces opérateurs ?
Peu de données nous parviennent concernant l’Etat du marché des jeux d’argent en ligne et pour une raison simple : le marché est très difficile à délimiter et une grande majorité des acteurs intervient à partir de paradis fiscaux, difficilement identifiables. Au milieu de cet univers opaque, émergent des sociétés cotées sur les plus grandes places boursières mondiales. Je pense notamment à Party Gaming et 888, qui ont été introduites sur la City il y a quelques années.
Ces deux derniers acteurs opèrent leur propre plate-forme de logiciel de jeux en ligne, que ce soit du poker ou du casino en ligne. Ce n’est pas le cas de tous. Des sociétés développant des logiciels de jeux d’argent en ligne ont vu le jour pour répondre au besoin des casinotiers en ligne, réduisant les coûts d’installation, et fonctionnant sur un système de licences. Le casino en ligne utilisant la licence devra reverser des royalties à l’éditeur. Pour le poker, on peut estimer ce pourcentage à une fourchette comprise entre 30% et 40% des profits du casinotier. Les principaux éditeurs que l’on peut retenir sont Playtech, Microgaming et FastCPU.
Le développement de ces licences a fortement diminué le coût d’entrée sur le marché des jeux d’argent en ligne, avec une conséquence évidente : l’explosion de l’offre, dans des juridictions permettant d’obtenir des licences de jeu très facilement. On peut citer Belize à partir de laquelle opère le fameux groupe 770, derrière qui se cache Raymond Pousaz et qui entretenait des liens étroits avec le français Partouche. Pour information, une licence de jeu à Belize ne coûte que quelques dizaines de milliers de dollars et un infime pourcentage des produits du jeu est reversé à l’Etat. On comprend la grogne des casinotiers français face à cette concurrence déloyale.
Certains états comme le Royaume-Uni, la Belgique et l’Italie (bientôt la France) qui ont décidé de réguler ce marché et d’accorder leurs propres licences. En Italie, ces mesures ont été accompagnées d’un bannissement total des sites de jeux non conformes, via un blocage des IPs. L’opérateur 888 a ainsi été bloqué, et le site web était inaccessible. L’Etat Français envisage cette solution puisque la délégation chargée de la libéralisation s’est rendue en Italie pour étudier les modalités de l’ouverture du marché Italien.
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