Tom Ballance, PDG du Borgata, réfute les arguments d'Adelson contre les jeux en ligne

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Par LE 13.05.2014
Tom Ballance, PDG du Borgata, réfute les arguments d'Adelson contre les jeux en ligne

Dans une interview donnée la semaine dernière à Bloomberg TV, Tom Ballance, PDG du Borgata Atlantic City, a repris point par point les « arguments » énoncés maintes fois par Sheldon Adelson et les a réfutés pour tenter de montrer que les jeux de casino en ligne au New Jersey ne sont pas plus néfastes que les jeux de casino dans les établissements terrestres. En fait, pour certains points, le fait de jouer en ligne présente moins de risques.

Adelson et l’anti-gambling

Si vous n’avez pas suivi l’actualité concernant Adelson et sa quête anti-gambling, sachez que l’homme, milliardaire de son état et propriétaire de nombreux casinos terrestres dans le monde, s’est insurgé contre le développement des jeux de casino en ligne aux Etats-Unis l’année dernière. Il multiplie les moyens de pressions pour faire annuler et empêcher de légaliser ces formes de jeux dans d’autres états.

La raison officielle est que selon lui ces jeux sont un danger pour l’Amérique et ses habitants, la version officieuse est que celui-ci craint que ses clients ne migrent de casinos terrestres à casinos en ligne et désertent ainsi ses établissements.

Ballance réfute point par point

Tout d’abord, Ballance réfute l’argument d’Adelson selon lequel les jeux en ligne seraient un « moyen d’appauvrir les pauvres ». Selon le PDG du Borgata ce n’est pas vrai et cela est même plus difficile pour quelqu’un en difficulté financière de dépenser de l’argent en ligne que dans un casino terrestre, à cause des moyens de dépôts qui empêchent de jouer à crédit (alors que cela peut être possible dans un établissement en dur).

Il précise que la clientèle des deux types de casinos est différente. Certains jouent sur les deux tableaux bien sûr mais la plupart des gens ont tendance à choisir entre internet et live. Le fait que les jeux en ligne se développent ne serait donc pas un frein aux casinos terrestres.

L’argument principal d’Adelson est le risque de blanchiment d’argent dans les jeux en ligne. Tom Ballance n’est pas d’accord avec cet argument non plus. Il explique qu’un joueur de casino en ligne doit donner bien plus d’informations personnelles (nom, adresse, numéro de sécurité sociale, compte bancaire et/ou carte de crédit) qu’en casino terrestre et la géolocalisation permet de repérer les individus avec une précision de 20 mètres. « Ce n’est pas le bon environnement pour quelqu’un qui veut blanchir de l’argent ».

En outre, on serait tenté de dire à Adelson d’aller balayer devant sa porte avant de parler car le Sands Casino a été condamné à 47$ millions l’année dernière pour avoir laissé un baron de la drogue chinois dépenser (et donc blanchir) quelques 45$ millions en 2006 et 2007… En toute impunité.

Enfin Adelson déclare que les cartes sont mélangées d’une certaine façon en live alors qu’on ne peut pas en être sûr que cela soit aussi « propre » sur internet (pourtant les RNG qui garantissent l’équité sont soumis à des contrôles réguliers). Il finit en parlant du risque que les mineurs peuvent jouer de l’argent en toute impunité. Encore une fois, les contrôles d’identité en ligne permettent d’éviter le problème (à part quelques exceptions) et là aussi Adelson devrait réfléchir avant de parler puisque ses casinos ont également été condamnés – à 4 reprises au moins - pour avoir laissé des jeunes jouer de l’argent et/ou boire de l’alcool par le passé…

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