Quand prendre l’assurance au blackjack ? (spoiler : presque jamais)

Julien E.
Julien E.
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Quand prendre l’assurance au blackjack ? (spoiler : presque jamais)

Vous jouez au blackjack, le croupier retourne sa première carte et c’est un As. Il se tourne vers vous et vous pose la fameuse question : « Assurance ? ». Autour de la table, certains joueurs hésitent, d’autres acceptent sans réfléchir. Alors, faut-il prendre l’assurance au blackjack ? Spoiler : dans l’immense majorité des cas, la réponse est non. Mais encore faut-il comprendre pourquoi.

L’assurance au blackjack, c’est quoi exactement ?

L’assurance est une mise annexe que le croupier vous propose dès que sa carte visible est un As. En gros, vous placez un pari supplémentaire égal à la moitié de votre mise initiale. Ce pari porte sur une seule chose : est-ce que le croupier a un blackjack (c’est-à-dire une deuxième carte valant 10) ?

Il faut prendre un exemple simple pour mieux comprendre. Vous jouez une main à 20 €. Le croupier montre un As et vous propose l’assurance. Vous placez donc 10 € supplémentaires. Si le croupier a effectivement un blackjack, votre assurance vous est payée 2 contre 1, soit 20 €. Vous perdez votre mise initiale mais votre assurance couvre la perte : vous repartez à zéro. Maintenant, si le croupier n’a pas de blackjack, vos 10 € d’assurance sont perdus et la main continue normalement.

Dit comme ça, ça peut paraître assez tentant car on a l’impression de se protéger, et de jouer la sécurité sauf que mathématiquement c’est beaucoup moins fun.

Pourquoi l’assurance est un mauvais pari (les chiffres parlent)

Pour que l’assurance soit rentable, il faudrait que le croupier ait un blackjack plus d’une fois sur trois. Or, dans un sabot classique, seules 16 cartes sur 52 valent 10 (les 10, Valets, Dames et Rois). Cela représente environ 30,8 % de chances, ce qui est inférieur au seuil de 33,3 % nécessaire pour que le pari soit équitable.

En d’autres termes : l’assurance est payée 2 contre 1, mais les probabilités réelles sont plus proches de 2,25 contre 1. Cet écart, aussi subtil qu’il paraisse, donne au casino un avantage d’environ 7,4 % sur ce pari… outch ça fait beaucoup ! Pour comparaison, l’avantage de la maison sur une main de blackjack classique tourne autour de 0,5 % avec une stratégie de base correcte. Prendre l’assurance revient donc à multiplier par 15 l’avantage du casino sur vous. C’est pas ce que j’appelle une bonne affaire.

Et si j’ai moi-même un blackjack, je prends l’assurance ?

C’est la situation qui piège le plus de joueurs. Vous avez un blackjack, le croupier montre un As, et on vous propose de « sécuriser » votre gain avec ce qu’on appelle le even money (argent égal). L’idée : accepter un paiement 1:1 immédiat au lieu de risquer une égalité si le croupier a aussi un blackjack.

Là encore, les probabilités jouent en votre faveur si vous refusez. Dans environ 69 % des cas, le croupier n’aura pas de blackjack et vous serez payé 3:2 (soit 30 € pour une mise de 20 €). En acceptant le even money, vous vous contentez de 20 € à chaque fois. Sur le long terme, refuser l’assurance même avec un blackjack en main vous rapporte davantage.

Le seul cas où l’assurance peut se justifier

Il existe une exception, et elle concerne les compteurs de cartes. Si vous suivez précisément la composition du sabot et que votre décompte vous indique qu’il reste une proportion anormalement élevée de cartes valant 10, alors l’assurance peut devenir un pari mathématiquement favorable. En pratique, cela signifie que le ratio de cartes à 10 restantes dans le sabot dépasse un certain seuil.

Entre nous, l’écrasante majorité des joueurs ne comptent pas les cartes (et les casinos ne sont pas très fans de ceux qui le font, mais si vous voulez vous entrainer à cela, commencez par là. Pour le joueur lambda comme vous et moi, la règle reste simple : on refuse l’assurance.

En résumé : contentez-vous de dire non

L’assurance au blackjack est conçue pour ressembler à un filet de sécurité, mais c’est avant tout un pari supplémentaire qui profite au casino. L’avantage de la maison y est vraiment plus élevé que sur le jeu principal, et même lorsque vous avez un blackjack en main, les mathématiques vous disent de refuser.

La prochaine fois que le croupier vous regardera avec un As en main et vous demandera « Assurance ? », vous saurez quoi répondre. Un petit « non merci » poli, et on passe à la suite. C’est le meilleur conseil que nous puissions vous donner à ce niveau ! Ah oui et un dernier conseil, entrainez-vous gratuitement au blackjack avec tous nos jeux en démo !

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