GAMBUSE : un projet belge pour protéger les athlètes face aux abus liés aux paris

Julien E.
Julien E.
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GAMBUSE : un projet belge pour protéger les athlètes face aux abus liés aux paris

Le projet GAMBUSE vient de franchir un cap : il obtient un financement de 578 230 € du Fonds Voor Wetenschappelijk Onderzoek (FWO) pour documenter et combattre les abus liés aux jeux d’argent ciblant les athlètes professionnels sur les plateformes numériques. Le programme, prévu de 2026 à 2029, veut éclairer une zone grise du sport connecté : ces messages hostiles, menaces ou harcèlements qui surgissent après un pari perdu, et que les clubs et fédérations peinent encore à mesurer et à traiter. Décryptage.

Projet GAMBUSE en Belgique : qui le pilote et quel est le sujet d’étude ?

Le projet GAMBUSE est porté par Bram Constandt, de l’Université de Gand, un spécialiste des questions d’intégrité et de jeu dans le sport, et par la chercheuse Lauranna Teunissen. Leur approche se veut interdisciplinaire, à la croisée des sciences du sport, de la communication et de l’étude des violences interpersonnelles. Une thèse sera lancée pour mener une partie centrale des travaux. Au menu : cartographier l’ampleur des abus, comprendre leurs mécanismes (rôle des pertes des parieurs, des réseaux sociaux, des dynamiques de groupe, etc.), et proposer des pistes d’action aux acteurs du terrain. Le FWO reconnaît ainsi la gravité d’un phénomène encore sous-étudié et la nécessité de données robustes pour outiller la prévention.

Les travaux s’inscrivent dans le sillage de recherches qui montrent déjà la porosité entre culture sportive et jeu d’argent : ainsi, en Belgique, des études sur les clubs sportifs évoquent une normalisation des pratiques de pari, avec des risques accrus chez certains publics (les jeunes adultes, les amateurs de football…). Autant d’éléments qui plaident pour des protocoles clairs et une pédagogie renouvelée autour du « jeu responsable » dans l’écosystème sportif belge.

Pourquoi c’est important (et ce qu’on peut légitimement en attendre)

Les paris sportifs en ligne ont créé un lien immédiat entre performance et enjeu financier. Quand un résultat contrarie les attentes, la déception de l’écran peut se muer en déferlante numérique contre l’athlète. Or, faute d’indicateurs partagés, ces débordements restent souvent banalisés ou traités au cas par cas. GAMBUSE ambitionne d’objectiver le phénomène et d’en dégager des leviers d’action : recommandations de modération pour les plateformes, outils d’alerte pour les clubs et fédérations, supports de formation pour les staffs et athlètes, voire même des éléments utiles à la régulation pour une meilleure articulation entre prévention du jeu problématique et intégrité du sport.

À noter qu’en Belgique, le sujet rejoint les priorités portées par la Commission des Jeux de Hasard (CJH) en matière de protection des joueurs et, plus largement, par les programmes européens dédiés à l’intégrité du sport. À court terme, GAMBUSE fournira un cadre scientifique. À moyen terme, il pourrait devenir un référentiel pratique pour canaliser les excès et mieux protéger celles et ceux qui font le jeu. En somme, un pas vers un environnement sportif plus sûr, sur le terrain, comme derrière l’écran.

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