Si vous avez l’oeil, en bas de l’écran ou sur la façade d’une machine à sous d’un casino physique, vous avez pu lire : « Malfunction voids all pays and plays ». En français, ça veut dire qu’en cas de dysfonctionnement, tous les gains et toutes les parties sont annulés… outch. C’est un truc auquel personne ne fait gaffe, une phrase que personne ne lit… jusqu’au jour où la machine affiche un jackpot et que le casino vous dit que vous n’avez rien gagné. C’est déjà arrivé, et pas qu’une fois !
Pourquoi une machine à sous peut-elle buguer ?
Contrairement à ce que beaucoup de joueurs pensent, ce ne sont pas les rouleaux qui décident si vous gagnez ou non. C’est un générateur de nombres aléatoires (appelé RNG, pour Random Number Generator) qui détermine le résultat de chaque spin. Les rouleaux, eux, ne font qu’afficher visuellement ce que l’ordinateur a décidé.
Le problème, c’est que parfois l’affichage ne correspond pas au résultat réel du RNG. La machine peut afficher un jackpot à l’écran alors que l’ordinateur n’a jamais généré de combinaison gagnante. C’est ce qu’on appelle une erreur d’affichage. Il existe aussi des erreurs de paramétrage, lorsque le fabricant configure mal la machine (par exemple un jackpot progressif activé par erreur sur une machine qui n’était pas censée en avoir). Et dans les deux cas, la fameuse mention « malfunction » entre en jeu.
Ces joueurs qui ont cru devenir millionnaires
L’histoire la plus célèbre est sûrement celle de Katrina Bookman. En 2016, cette New-Yorkaise joue sur une machine Sphinx Wild au Resorts World Casino de Queens. Elle mise 40 centimes et son écran affiche un gain de 42,9 millions de dollars. Au passage, ça aurait été le plus gros jackpot de l’histoire des machines à sous aux États-Unis, rien que ça... Elle prend même un selfie devant la machine, euphorique. Sauf que le lendemain, le casino lui annonce que la machine a bugué.
Bon, le casino lui a quand même proposé un dîner steak offert et 2,25 $ de compensations… Autant dire que le steak a dû avoir un goût assez amer. Sérieusement. Après des années de procédure, la justice a finalement donné raison au casino.
Il y a aussi eu en 2024, le cas de Roney Beal qui joue sur une Wheel of Fortune au Bally’s d’Atlantic City. La machine affiche un jackpot de plus de 1,2 million de dollars. Les autres joueurs autour d’elle la félicitent avant que la sécurité débarque pour lui expliquer qu’il s’agit d’un « reel tilt » (un défaut mécanique du rouleau) et on lui propose 350 $ en guise de dédommagement… bon c’est mieux qu’un steak mais l’affaire est toujours en cours devant les tribunaux.
Il y a aussi eu plus récemment, en 2025, Donna Inserra qui s’est vue refuser un gain de 2,5 millions de dollars sur une autre machine Wheel of Fortune, toujours au Bally’s d’Atlantic City. C’était un peu le même scénario cat le casino a invoqué un dysfonctionnement technique. L’affaire pourrait créer un précédent important car ses avocats affirment que la réglementation du New Jersey oblige les casinos à honorer ce qui est affiché à l’écran.
Quand le joueur gagne face au casino
Parce que oui, ça arrive aussi. En 2018, un Britannique nommé Andrew Green décroche un jackpot de 1,7 million de livres sterling en jouant au blackjack en ligne sur Betfred. Le casino le félicite, crédite son compte, puis revient cinq jours plus tard en expliquant qu’un « bug logiciel » annule tout. On lui propose 60 000 £ en échange d’un accord de confidentialité. Green refuse et attaque en justice. Après trois ans de bataille juridique, la Haute Cour de Londres lui donne raison : les conditions générales de Betfred étaient trop floues et le mot « malfunction » n’était même pas défini dans le contrat. Finalement, Green a touché la totalité de ses gains, plus les intérêts, soit plus de 2,3 millions de livres.
Une autre affaire assez marquante dans le même style était celle d’un joueur au Grand Casino de Biloxi (Mississippi) qui s’est vu refuser un jackpot progressif. Le casino en est venu à détruire les preuves avant l’enquête. Ce fut une mauvaise idée de leur part car la Cour Suprême du Mississippi a ordonné le paiement, non pas parce que le joueur avait forcément gagné, mais parce que le casino avait fait disparaître les éléments qui auraient pu trancher.
Que faire si ça vous arrive ?
D’abord, ne touchez plus à la machine. Prenez des photos, filmez l’écran, notez l’heure exacte. Demandez à ce que la commission des jeux soit contactée et exigez un rapport écrit de l’incident. Surtout, ne signez rien sous pression. Dans le cas de Roney Beal par exemple, un employé a tenté de manipuler la machine avant qu’un expert indépendant ne puisse l’examiner.
Sur les casinos en ligne, le réflexe est le même : faites des captures d’écran, conservez l’identifiant de la partie (round ID), et contactez le support en gardant une trace écrite. Si le casino est licencié (MGA, UKGC), vous pouvez saisir l’autorité de régulation ou un organisme comme eCOGRA. L’affaire Green contre Betfred prouve que les conditions générales du casino ne sont pas toujours aussi blindantes qu’elles en ont l’air.
Peu de chances de finir avec un steak comme Katrina Bookman
Rassurez-vous, les dysfonctionnements de machines à sous restent extrêmement rares car elles sont testées par les fabricants et auditées par les autorités de régulation régulièrement. La prochaine fois que vous vous installerez devant une machine à sous, jetez quand même un œil à cette petite phrase en bas de l’écran. Au moins, vous saurez ce qu’elle signifie et pourrez faire flipper vos amis…


0 COMMENTAIRE